Le Brief SML sur la 2ème séance de négociations de l’avenant 1 à la convention nationale des médecins libéraux

Mercredi 20 mai 2026

Négociations Imagerie : la caisse sait-elle encore compter ?

Alors même que les représentants des médecins ont fait appel a un organisme indépendant pour compter les économies dont le prévisionnel est de 400 millions fin 2026 avec les mesures déjà prises, la caisse d’assurance maladie conteste ces chiffres.

Le directeur Fatôme estime qu’il y a suffisamment de scanner et d’IRM en France alors même que le nombre d’équipement par habitant est très inférieur à celui de l’Allemagne.

Le directeur Fatôme veut encore des baisses, toujours des baisses, même si les propositions constructives de la profession concernant les gains de pertinences sont également acceptées.

Les retards d’investissement liés à la diminution des forfaits techniques associés à la réintégration des produits de contrastes à la charge des radiologues sont pourtant des pertes programmées d’efficacité et d’efficience.

La perte des cabinets de radiologie de proximité, premières victimes des baisses drastiques de tarif ne semble pas émouvoir la caisse d’assurance maladie : il s’agit pourtant d’un sujet majeur dans l’accès aux soins et le dépistage du cancer du sein.

Du côté de la médecine vasculaire, la caisse d’assurance maladie ne prend pas en compte semble-t-il, les angéiologues encore catégorisés dans les médecins généralistes, ce qui accroit encore la pression sur une profession déjà largement malmenée par les baisses des tarifs des échodopplers, et dont les prescriptions restent en acte gratuit dès lors qu’elles accompagnent ces échodopplers (du fait de la règle inique et abusive interdisant d’associer consultation et acte technique).

Les cardiologues, profession particulièrement mobilisée face aux vieillissements de la population et souvent en première ligne dans les maladies chroniques, sont également lourdement impactés.

La caisse veut des baisses… parce que les parlementaires demandent des baisses : combien sont réellement informés de la place cruciale de l’imagerie médicale dans l’accès aux soins, le diagnostic, le pronostic et la décision thérapeutique ?

Négociation avenant 1 : consultation ménopause

Le SML rappelle que cette consultation va concerner 6 millions de femmes par an, sans compter les femmes déjà ménopausées de moins de 65 ans qui devraient en bénéficier.

Cette consultation doit aborder la pathologie liée aux changements hormonaux, même si ces changements sont physiologiques.

Ce devrait être une consultation très complexe, de trois quart d’heure, réalisée par un médecin généraliste ou un gynécologue. Cependant les législateurs ont décidé d’un système à deux vitesses où certaines femmes pour cette consultation majeure sur le plan de la pathologie verraient une profession non formée à la pathologie dans le cadre d’une consultation de la ménopause : faudra-t-il attendre les complications pathologiques non dépistées de la ménopause chez ces femmes pour revenir à la raison et à l’efficacité ?

Quelle est la logique de décider d’une avancée sur la santé des femmes et en même temps d’introduire une inégalité systémique entre celles qui verront un médecin ou un gynécologue et les autres, avec en apparence le même coût de consultation pour l’assurance maladie mais un surcoût attendu des conséquences du retard diagnostic pour celles qui ne verront pas un médecin.

Rencontre SML / CNAM : le SML porte la voix des médecins libéraux auprès de la nouvelle direction de l’organisation des soins

Mardi 19 mai 2026

Le jeudi 7 mai 2026, le bureau national du SML a rencontré M. Guillaume Couillard, nouveau directeur délégué à la gestion et à l’organisation des soins à la CNAM. Cette première prise de contact a permis au SML d’exposer de manière concrète les difficultés croissantes rencontrées par les médecins libéraux dans leur exercice quotidien, qu’il s’agisse des médecins généralistes, des MEP ou des spécialistes.

Au cours de cet échange, le SML a alerté sur les conséquences directes de l’absence de revalorisation de nombreux actes médicaux. Cette situation fragilise durablement certaines spécialités et contribue à une diminution préoccupante de l’offre de soins dans plusieurs domaines essentiels : dermatologie, gynécologie, psychiatrie et pédopsychiatrie, chirurgie pédiatrique ORL, entre autres. Le syndicat a rappelé que cette dégradation progressive de l’attractivité de certaines disciplines constitue désormais un véritable enjeu de santé publique.

Le bureau national a également insisté sur plusieurs priorités défendues par le SML :

  • la mise à mal de la radiologie libérale par les mesures de baisse tarifaire unilatérale*
  • la baisse du tarif de l’échographie fragilise tout particulièrement les médecins vasculaires**
  • le développement de l’activité physique adaptée et du sport sur ordonnance ;
  • la promotion de la téléconsultation dans certaines spécialités lorsque celle-ci apporte une réponse pertinente aux patients ;
  • les difficultés persistantes liées aux différences de prescriptions entre les secteurs public et privé ;
  • et bien entendu, la revendication historique du SML : l’accès au secteur 2 pour tous les médecins.

Guillaume Couillard s’est montré attentif aux constats et revendications portés par le SML. Ouvert à certaines expérimentations, il a néanmoins semblé disposer de marges de manœuvre limitées pour apporter des réponses immédiates aux problématiques soulevées. La rencontre, dense et directe, s’est conclue au bout de quarante minutes.

Cette réunion s’inscrit dans le cadre du travail permanent de représentation et de lobbying mené par le SML auprès des institutions de santé et des décideurs publics. Le syndicat poursuit ainsi son action pour faire entendre la réalité du terrain et défendre la médecine libérale en amont des prises de décisions. Cette stratégie d’influence s’est déjà révélée efficace à plusieurs reprises, certaines propositions du SML ayant été reprises dans des textes législatifs ou des directives nationales.

Pour le SML, il demeure essentiel d’éclairer les responsables institutionnels et les élus sur les enjeux concrets de l’exercice médical afin de préserver une médecine libérale forte, accessible et adaptée aux besoins des patients.


*avec des répercussions particulièrement négatives sur la radiologie de proximité, ainsi que les tarifs peu incitatifs du dépistage du cancer du sein dans lequel les radiologues libéraux sont massivement impliqué.

**qui pourtant se sont engagés dans la pertinence